Pour en finir avec « week-end ».

On a les combats qu’on peut.

Une traductrice d’expérience me corrige lorsque je lui ai souhaite une bonne fin de semaine. Elle me dit que c’est un anglicisme et qu’il faut dire week-end (avec ou sans trait d’union). Hum…

Je vais être bref. Si fin de semaine est un anglicisme — il s’agira d’un calque dans ce cas-ci, la locution copiant l’anglais —, alors, weekend, c’est quoi? Ben, euh… c’est de l’anglais.

Moi, je m’en fous que quelqu’un me dise « Bon week-end » (en fait, je ne m’en fous pas, je trouve ça gentil), mais je ne vois pas pourquoi on me reprocherait d’utiliser un calque au lieu de l’emprunt. Certains partisans de week-end prétextent que fin de semaine peut porter à confusion, car il peut désigner la fin de la semaine. Or, il m’arrive très rarement de souhaiter un bonne fin de semaine le mardi ou le mercredi, donc le contexte se charge de rendre mon chaleureux souhait limpide.

La littérature spécialisée à ce sujet nous dit que  le week-end est « un congé de fin de semaine, comprenant la journée ou l’après-midi du samedi et le dimanche », répertorié en 1906. Le Trésor de la langue française indique qu’il s’agit d’une fin de semaine chômée. Le Littré en ligne n’en dit rien et Termium qu’« à l’heure actuelle, l’usage consacre l’utilisation du terme «week-end» en France et «fin de semaine» au Canada. »

Enfin, voici ce qu’en dit l’Office québecois de la langue française : Lisez. Parce que lire, c’est ouvrir tout grand les portes de ..Ah, laissez tomber.

En français européen, l’emprunt à l’anglais week-end est accepté et son usage est généralisé depuis le début des années 20. On note même une extension du sens premier du terme. Week-end désigne ainsi, plus spécialement, le congé de fin de semaine que l’on passe hors de son domicile et que l’on consacre à des loisirs. On dit par exemple: venir en week-end, partir en week-end, etc.

Au Québec, dès les années 20, c’est le terme français fin de semaine qui s’est imposé dans l’usage pour remplacer l’emprunt week-end. Aujourd’hui, on remarque que week-end est d’un usage fréquent et que les deux emplois sont concurrents dans certains domaines ou certaines aires géographiques ou sociales. Dans ces conditions de concurrence, une acceptation officielle de l’emprunt ne pourrait qu’encourager la généralisation du terme anglais et même, éventuellement, le remplacement du terme français fin de semaine, pourtant bien implanté dans l’usage depuis plusieurs années. C’est pour cette raison que l’emprunt week-end n’a pas été retenu comme synonyme en français du Québec.

FINALEMENT, voyons ce qu’on dit dans deux autres langues molto muoy latines à propos de cette tournure supposément anglaise.

italien : fine de settimana

espagnol : fin de semana

Et même en allemand (qui n’est pas latin, mais basque) : wochenende (semaine-fin)

Comme on dit : je repose mon cas!

Je vous incite fortement à visiter le blogue d’un collègue qui, lui, s’attarde vraiment à tous ces points de langue et aux fausses difficultés véhiculées par les dictionnaires de difficultés et autres autorités prescriptives de la langue française:

Les Mystères du français