Hey le jeune! On est cool.

David Cross descend dans un de ces monologues (v. plus bas) les entreprises qui tentent de vendre aux jeunes un produit qui n’est leur est pas particulièrement destiné.

Voilà ce que fait Via Rail pour attirer les jeunes (lesquels sont inévitablement des taggeurs inoffensifs, portant une casquette à l’envers et buvant du jus McCain sur un toit en jouant de la musique avec des objets trouvés, après avoir joué au basketball entre filles et garçons de toutes races) et les inciter à prendre le train. On a cru bon de s’inspirer — d’autres termes seraient plus adéquats – de l’une des affiches de Exit through the gift shop “documentaire” de Banksy. Mais ne me croyez pas sur parole, comparez-vous même.

Via Rail Underground : métro, c'est trop

Je ne suis plus jeune jeune, mais même moi je sais qu’un “jeune” ne prendrait pas le train parce que c’est “street” ou “deck”.

Mais bon. Je ne suis pas un designer, ni un publiciste, alors qu’en sais-je, autre que le train, c’est propice à être bien assis, texter ou regarder dehors d’un air mélancolique et curieux à la fois et que c’est 100, 1000 fois mieux que le bus.

Ci-dessous, M. David Cross :

Toé, t’es pas clair.

Un quiz!

L’ambivalence, en même temps que la certitude. Il y a de ces expressions qui appellent des précisions tout en ne laissant aucun doute sur les sentiments de la personne les verbalisant.

Par exemple : Toé, t’es pas clair.

Et vous, en avez-vous des exemples?

Répondez au quiz sous la vidéo.

Si vous n’avez pas vu le vidéo de la fête à Kævun, allez sur le site de Petit Petit Gamin où regardez-le ici. Vous devrez le regarder jusqu’à la dernière seconde ou défiler habilement jusqu’à la fin :

L’obsolescence me rend nostalgique

Le rétro n’est qu’un corollaire de la modernité, et à plus forte raison quand le progrès se manifeste par l’immatérialité. Je m’explique, parce que ça fait beaucoup de grands mots dans une seule phase d’introduction.

Depuis trois ou quatre ans, nous vivons un important retour aux modes du  siècle dernier, le tout en parallèle avec une importante phase de dématérialisation de notre mode de vie. Beaucoup d’entre nous possédons un téléphone cellulaire qui contient lui-même le plus souvent :

  • carnet d’adresse;
  • appareil-photo;
  • baladeur;
  • console de jeux vidéos;
  • agenda;
  • alouette.

De même, à domicile, nous remplaçons de plus en plus les disques par des copies virtuelles d’albums, pièces de musique, films et téléséries que nous désirons. Nous lisons le journal en ligne, nous stockons nos données informatiques en ligne, nous écrivons notre journal (plus si intime) en ligne, nous faisons nos devoirs et les transmettons au prof en ligne, nous envoyons nos cartes de souhaits en ligne, nous tenons des réunions administratives en ligne, nous achetons des antiquités et des vêtements en ligne. Bref, à part manger, se faire couper les cheveux en ligne et d’autres nécessités de cabinet, on peut pas mal faire tout en ligne.

Je ne veux pas dire que nous ne faisons que cela ou que c’est mauvais. Je ne tiens pas non plus à dire que nous avons perdu l’art du vrai-vivre. Pas du tout, il n’en est rien. Je suggère toutefois que le succès et l’influence de séries télévisées comme Mad Men (qui attirent beaucoup plus de trentenaires que de baby-boomers, d’ailleurs) et que le regain du cuir, de la fourrure, de la croque-poterie (les délices de la mijoteuse) et des sacs de croustilles dans un emballage de jute, ce succès donc, est possible en grande partie à cause de l’évacuation du matériel dans nos vies et que nous cherchons tous dès lors notre part de fonte émaillée et d’Arts & Crafts.

Un ami a publié un billet sur (ou dans?) le blogue de son studio, Toast,  sur le problème auxquels sont confrontés les professeurs d’informatique quand vient le temps d’expliquer la raison d’être de l’icône de sauvegarde dans la plupart des logiciels, et j’ai nommé la disquette.

Là, plusieurs se lèveront pour me dire que, allons donc, une disquette, c’est élémentaire, tout le monde sait ce que c’est et à quoi ça servait.

C’est à ce moment qu’il faut se rappeler toutes les heures à passer à expliquer le fonctionnement – non, le principe même – d’Internet à nos aînés. Et regarder ce petit laboratoire effectué par Jean-Christophe Laurence, chroniqueur au journal La Presse, sur Cyberpresse entre autres, parce qu’il a autres.