Bruxelles se livre

Bruxelles se livre

Depuis mon arrivée dans la Ville au petit pot (le surnom que j’ai trouvé pour la capitale européenne dont l’icône la plus notoire est un garçon à la graine au vent qui urine, souriant, devant des touristes du monde entier, bouches ouvertes et zoom sortis), cette magnifique et mystérieuse métropole éclectique m’offre chaque jour des bijoux d’architecture et des trésors d’enseignes calembourratives (voyez, je n’y échappe pas moi-même).

Après le Chat-pitre, voilà que me sont apparues deux enseignes sises à St-Gilles, elles aussi tirant profit du riche volume sémantique que pourvoit la littérature. Je m’abstiendrai de porter de jugement sur les intentions des entrepreneurs qui ont osé se commettre à une telle démarche sémiotique (c’est à Dieu de le faire). Je me contente de partager mes trouvailles comme tant de billets de banque utilisés comme signets et découverts entre les pages d’un livre oublié. Je vais me coucher pour réviser mes textes, car comme on le dit (attention…), l’alité rature. Ouf.
Donc, en rafale:

Bar alternatif
C’est gonflé comme nom
Bouquinerie
D’accord, mais le book, hein?

Hey le jeune! On est cool.

David Cross descend dans un de ces monologues (v. plus bas) les entreprises qui tentent de vendre aux jeunes un produit qui n’est leur est pas particulièrement destiné.

Voilà ce que fait Via Rail pour attirer les jeunes (lesquels sont inévitablement des taggeurs inoffensifs, portant une casquette à l’envers et buvant du jus McCain sur un toit en jouant de la musique avec des objets trouvés, après avoir joué au basketball entre filles et garçons de toutes races) et les inciter à prendre le train. On a cru bon de s’inspirer — d’autres termes seraient plus adéquats – de l’une des affiches de Exit through the gift shop “documentaire” de Banksy. Mais ne me croyez pas sur parole, comparez-vous même.

Via Rail Underground : métro, c'est trop

Je ne suis plus jeune jeune, mais même moi je sais qu’un “jeune” ne prendrait pas le train parce que c’est “street” ou “deck”.

Mais bon. Je ne suis pas un designer, ni un publiciste, alors qu’en sais-je, autre que le train, c’est propice à être bien assis, texter ou regarder dehors d’un air mélancolique et curieux à la fois et que c’est 100, 1000 fois mieux que le bus.

Ci-dessous, M. David Cross :

Wyclef Jean : Dès l’heure, des leaders

Je n’ai rien à apporter au débat sur Haïti.

Par contre, pour ce qui est du jugement et de la subtilité de Wyclef Jean et de ses ambitions en matière de statut personnel, voici ce que je peux dire de l’homme : il ne fait pas dans le subliminal. Le voici, le lendemain des élections, exhortant les autorités électorales à dévoiler les résultats rapidement pour éviter que la violence ne se répande. Son approche holistique (langage corporel, cérémonial et choix vestimentaire) a tout pour apaiser.

What the Clef, Wyclef?