De l’usage immodéré du mot « Festif »

Suite aux vives réactions (trois pour être exact) qu’a suscité mon billet sur l’usage immodéré du mot « urbain », et à la suggestion de mon amie Véronique B., et parce que c’est mon anniversaire, je publie un second billet dans la même veine, sur l’épithète « festif » qu’on accole à tout et à rien.

L’usage de «bonne fête» pour dire «joyeux anniversaire» semble être circonscrit au Québec, mais peut-être me fourvoie-je. Si oui, quel dommage, mais il y a pas de quoi en faire un fromage.

Non, mais là où je me fais un reblochon, là où trop d’encens gâche l’ambiance, c’est quand tout devient festif: un sourire, un mousseux, un brunch. Oui, vous avez bien lu, vous n’avez pas la berlue. Il n’y a qu’à taper « brunch festif » dans Google – ou Bing si vous êtes marginal.

Peut-on m’épargner de qualifier de festive une paire de chaussures?

Si c'est pas le pied...

Doit-on réellement évaluer la festivosité de deux boissons alcoolisées?

Je cherche un vin pour une soirée semi-festive. Qu'est-ce que vous me conseillez?

Je dis halte, et au risque de jeter de l’eau sur le pique-nique (certainement festif) de certains, je dirai ceci: festif n’est inhérent qu’à la fête, il n’est pas la qualité intrinsèque d’un escarpin, d’un pinard ou de canapés chauds ou froids servis un dimanche midi dans quelque cuisine ikeaesque du Mile-End, mais l’état sublime auquel un événement se hisse lorsque, chaque 9 janvier, les âmes réunies célèbrent en choeur la naissance d’un garçon aux boucles fournies qui devint avec le temps un homme sympathique et chauve.

Alors, à tous ceux et celles qui m’ont souhaité une bonne fête, un joyeux anniversaire et aussi une bonne anniversaire, je vous remercie, le coeur gai, le pas allègre et la larme à l’oeil. Merci mille fois.

 

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