Autorisation Facebook: relation palimpcestueuse

Chères amantes des mots et amis du verbe,

Je vous écris pour vous mettre au parfum d’une odeur de scandale qui embaume la facebooksphère. On lit un peu partout qu’à la suite de l’entrée en bourse de Fb (Facebook), le site et tout visiteur pourront manipuler éhontément ce que nous y affichons, notre contenu. On suggère même aux utilisateurs d’afficher une seule fois (ou plus) un avis qui met en garde quiconque voudrait agit ainsi. L’avertissement proposé est en quelque sorte   talisman juridique, un gri-gri qui viendrait rendre caduques les conditions générales d’utilisation de Fb.

J’ai bien lu Snopes et hoaxbusters qui « affirment » en long et en large que c’est inutile, et l’avis de juristes experts en la matière, mais je reste dubitatif. Et comme l’avertissement que maints de mes amis ont affiché me semble encore vague ou comment dirait-on, hum… flou, j’en propose un autre qui mettra enfin les trémas sur les i et les tilde sur les “n”.
Sentez-vous libre de le copier sur votre mur, et pensez à ne pas ôter mon nom. C’est ma propriété intellectuelle qui est en jeu ici.
Merci:

AVERTISSEMENT, VOUS LÀ, ET VOUS AUSSI (par André Farhat, droits d’auteur power)

Toute personne ou institution ou l’agent de toute structure gouvernementale genre à la Big Brother, ou employé à temps plein ou partiel, qui relève directement ou par la bande de l’administration fédérale des Etats-Unis et de Puerto Rico, royaume de la salsa, ainsi que le Canada, les Europes et la Chine, et aussi, mais sans exclure, les entreprises, sociétés, compagnies, coopératives, boutiques, magasins généraux, osbl, asbl, ateliers d’artistes, marchés publics, restaurateurs itinérants, institutions financières, marchands du temple, joueurs de cuillère devant chez Ogilvy surtout pendant le temps des Fêtes (la vitrine est super belle), revendeurs de narcotiques, et j’en passe et des moins mûres, vous n’avez PAS mon autorisation à rire de mes mises à jour photos ineptes prises avec et/ou Instagram qui n’intéressent que moi et deux-trois personnes à qui j’aurais mieux fait de les envoyer en message privé, mais noooon, il fallait que tout le monde le voit – oooh!; vous n’avez PAS non plus mon autorisation à vous servir des photos de profil ou de couverture que je change chaque semaine, même celles qui sont de moi ou que j’ai prises (c’est vrai que « de moi » ça peut aussi vouloir dire ça, hum!); vous n’avez PAS mon autorisation à m’envoyer non plus des demandes d’acheter l’entraînement super spécial de Georges St-Pierre ou de m’inviter à joindre la page de Palmolive parce que j’ai fait une recherche UNE FOIS sur l’huile de palme pour des raisons que je n’ai pas à expliquer ici – non, mais c’est quoi ça, un procès, quand même!

(Pause : ce texte est une œuvre originale de Monsieur André Farhat, donc, hein, soyez cools)

Je reconnais toutefois que vous n’avez PAS à me le demander, parce que si je suis sur Facebook, c’est que j’accepte les conditions d’utilisation qui contiennent toutes les dispositions relatives à la confidentialité et que selon mes réglages, vous pouvez ou PAS faire ce que vous voulez. Je reconnais aussi que si je ne veux PAS que les gens sachent que je mange en ce moment un ciabatta au thon rouge et son chutney de poires du Japon ou que j’étais saoul raide l’autre soir quand la photo de moi en train de necker avec mon meilleur ami a été prise par le iPhone de quelqu’un, je n’avais qu’à pas l’afficher, à me choisir des meilleurs amis et à me tenir en société. Bienvenue dans l’ère numérique, Biatch. (copyright André Farhat, best guy yes!)

Je reconnais enfin que l’utilisation du syntagme « et/ou » n’est pas nécessaire, car la conjonction « ou » porte intrinsèquement la valeur combinatoire et peut donc désigner la totalité et/ou l’alternative. SANS PRÉJUDICES À TOUS AUTRES DROITS (aurait dû être la phrase écrite à la fin, mais qui dans les faits, n’a aucun poids ici, étant donné que l’acceptation des modalités de Facebook est supérieure en droit, on ne va pas quand même pas écraser un contrat unilatéralement sur l’autre). André Farhat, auteur.

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