L’obsolescence me rend nostalgique

Le rétro n’est qu’un corollaire de la modernité, et à plus forte raison quand le progrès se manifeste par l’immatérialité. Je m’explique, parce que ça fait beaucoup de grands mots dans une seule phase d’introduction.

Depuis trois ou quatre ans, nous vivons un important retour aux modes du  siècle dernier, le tout en parallèle avec une importante phase de dématérialisation de notre mode de vie. Beaucoup d’entre nous possédons un téléphone cellulaire qui contient lui-même le plus souvent :

  • carnet d’adresse;
  • appareil-photo;
  • baladeur;
  • console de jeux vidéos;
  • agenda;
  • alouette.

De même, à domicile, nous remplaçons de plus en plus les disques par des copies virtuelles d’albums, pièces de musique, films et téléséries que nous désirons. Nous lisons le journal en ligne, nous stockons nos données informatiques en ligne, nous écrivons notre journal (plus si intime) en ligne, nous faisons nos devoirs et les transmettons au prof en ligne, nous envoyons nos cartes de souhaits en ligne, nous tenons des réunions administratives en ligne, nous achetons des antiquités et des vêtements en ligne. Bref, à part manger, se faire couper les cheveux en ligne et d’autres nécessités de cabinet, on peut pas mal faire tout en ligne.

Je ne veux pas dire que nous ne faisons que cela ou que c’est mauvais. Je ne tiens pas non plus à dire que nous avons perdu l’art du vrai-vivre. Pas du tout, il n’en est rien. Je suggère toutefois que le succès et l’influence de séries télévisées comme Mad Men (qui attirent beaucoup plus de trentenaires que de baby-boomers, d’ailleurs) et que le regain du cuir, de la fourrure, de la croque-poterie (les délices de la mijoteuse) et des sacs de croustilles dans un emballage de jute, ce succès donc, est possible en grande partie à cause de l’évacuation du matériel dans nos vies et que nous cherchons tous dès lors notre part de fonte émaillée et d’Arts & Crafts.

Un ami a publié un billet sur (ou dans?) le blogue de son studio, Toast,  sur le problème auxquels sont confrontés les professeurs d’informatique quand vient le temps d’expliquer la raison d’être de l’icône de sauvegarde dans la plupart des logiciels, et j’ai nommé la disquette.

Là, plusieurs se lèveront pour me dire que, allons donc, une disquette, c’est élémentaire, tout le monde sait ce que c’est et à quoi ça servait.

C’est à ce moment qu’il faut se rappeler toutes les heures à passer à expliquer le fonctionnement – non, le principe même – d’Internet à nos aînés. Et regarder ce petit laboratoire effectué par Jean-Christophe Laurence, chroniqueur au journal La Presse, sur Cyberpresse entre autres, parce qu’il a autres.

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