2. Le langage motivé (ou un temps pour tout)

Le langage… non, la langue… non, la parole… comme outil

Avant même d’aller plus loin dans toute incursion discursive dans les sphères de la communication, il est impératif d’ancrer quelques définitions, d’établir quelques nuances.

Il ne sera pas ici question de s’introduire dans les complexités du domaine de la linguistique, domaine où s’enchevêtrent tant de sentiers et de voies labyrinthiques, tracés tous par des penseurs plus ou moins bien intentionnés que d’y entrer se résume à n’en jamais sortir. Je reviendrai un jour sur les viles guerres que se livrent les intellectuels à travers leurs ouvrages.

Asseyons donc de façon très simplifiée trois notions incontournables lorsqu’il s’agit de communication, et tâchons d’y apporter du même souffle les nuances qui se doivent. Rappelons-nous que ces définitions ne s’en remettent pas seulement à la linguistique et ont été taillées sur mesure pour qu’on les comprenne.

ñ   Tout d’abord, il y a le langage. Le langage, c’est la faculté de communiquer au moyen de signes, de codes.

ñ   Ensuite, il y a la langue, ou les langues. La langue, c’est la création et l’organisation de signes et de codes à des fins de communication.

ñ   Finalement, il y a la parole. La parole, c’est la manifestation de la langue, par des moyens sonores ou visuels, voire tactiles.

Évidemment, ce sont les conclusions actuelles(1) simplifiées auxquelles je me livre. Un petit élément à propos de la parole : je crois qu’il est temps d’inclure l’écriture dans la définition de parole. C’est, en fin de compte, d’utiliser ses mains au lieu de ses cordes vocales, de sa langue, de ses lèvres et de ses poumons.

Maintenant, qu’entendrons-nous ici par communication? Simplement dit, La communication est la transmission d’information. Et l’information, dans tout ça? On la donne à manger aux chiens? Oh queux non. L’information est tout ce qui est reçu et assimilé, consciemment ou non. Et donc, tout ce qui est transmis, volontairement ou non. J’inclus le bruit et l’odeur(2), les pincements sur la peau, les enchaînements linéaires de signes codifiés et conventionnels sonores — langue dans sa manifestation orale, donc parole vocale — ou graphique — langue dans sa manifestation écrite, donc parole graphique, ou encore, graphique et embossée (comme le braille, si vous voyez ce que je veux dire).

Donc, fiers de notre savoir, ou du moins de tenir pour acquis ses notions, pour les besoins de l’exposé, comment faire pour non pas communiquer, mais encore mieux, pour passer un message? Pour se faire comprendre? Parce que je sais pas s’il y a en a qui se sont faits la réflexion, mais j’ai toujours pas parlé de compréhension. Ou de toute forme de communication réussie.

La réussite de notre acte de parole, c’est souvent de passer un message. Mais, ça peut être de passer un savon. De passer à un autre appel. De passer le temps.

Donc, il est primordial de définir une intention. Et ce, souvent même avant de se pencher sur l’information à transmettre. Par exemple, dans l’absolu : il faut annoncer des mauvaises nouvelles. Le chef d’État ne veut pas créer d’émoi, les élections approchent, quoi. L’intention n’est pas d’informer la population. Ça, c’est l’obligation, le devoir, en quelque sorte. L’intention, c’est de parvenir à s’acquitter de son devoir en créant le moins de remous possible. C’est comme on dit, « noyer le poisson ».

Alors, sans même savoir qu’il y aura des coupures, puis des inévitables saignées, on peut facilement glaner des semblants de bonnes nouvelles, ou à défaut, en faire apparaître. Le chef d’État veut enrayer le tabagisme mentholé. La pollution par bélinographe en baisse. Le gouvernement dit Non! à une nouvelle taxe sur les biberons : « Les enfants sont notre plus grand avenir », déclare le chef d’État. C’est pas vrai. On s’en fout.

Ensuite, on s’attaque à l’information à transmettre. Et ça donne ceci : Le chef d’État veut enrayer le tabagisme mentholé. La pollution par bélinographe en baisse. Cure minceur pour le régime des travailleurs : en réduisant les incitatifs au chômage par le recours répétitif à l’assurance-travail, l’État compte stimuler l’embauche. Le gouvernement dit Non! à une nouvelle taxe sur les biberons : « Les enfants sont notre plus grand avenir », déclare le chef d’État.

Donc, cette petite et amusante simulation prouve que l’intention peut s’avérer la première étape d’une bonne communication réussie.

À venir : 3. Tout savoir sur l’information. Ou presque. Ou du moins un peu. Le nécessaire, seulement.


(1) Bel oxymore. Il est à vous?

(2) Merci M. Chirac

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