Les nouvelles mesures ou À bas le pied (de bas)

Depuis plusieurs années et encore davantage de mois, j’entends journalistes et reporters décrire volumes, ampleurs et distances à l’aide d’unités de mesures qui ne sont pas considérées ainsi.

Ainsi, une soudaine crue des eaux, les dommages d’une déflagration soudaine, la place d’une foule massée mais tendue, rien de cela ne s’exprime en mètres, en pieds, en verges, en furlongs, en milles ou en lieues. Non, ces graduations ont perdu du gallon au fil de l’eau qui a coulé sous les ponts.

Quel unité inusitée les a usurpées et rendues inutiles? Vous me voyez venir à cent lieues, peut-être.

C’est le terrain de football (présumons américain), bien évidemment. C’est bien, tout le monde en a vu un, comme tout le monde a vu un court de basketball. Mais plusieurs n’en ont vu que rarement, et le plus souvent à l’écran 32″ – c’est la diagonale – de leur téléviseur. Toutefois, voyez-vous, cette image est trompeuse, parce que le terrain ne nous apparaît plus fidèlement après être passé par l’objectif grand angle de la caméra. Les distances sont distordues, le terrain paraît plus grand qu’il ne l’est en vérité et les joueurs plus petits, et c’est sans mentionner le bruit et l’odeur.

Et malgré ce phénomène optique si bien attesté, que voit-on? Eh bien, on voit des gens à micro parler de volume d’eau ayant rempli en une heure l’équivalent de 70 piscines olympiques; qu’il y avait une foule ayant pu suffire à combler 12 terrains de football; que le train d’atterrissage de l’avion a laissé des marques sur une distance proche à 15 autobus. Quoi? Des autobus?

Oui, des autobus. C’est l’autre mesure invariablement servie, elle qui est pourtant si variable. En effet, de quel autobus parle-t-on? Scolaire, scolaire court, coach, londonien, du show-business? Car si les dimensions d’un terrain de football doivent être scrupuleusement respectées, quand on parle d’autocar, les normes prennent le fossé.

Les unités de mesure existent pour nous donner un peu de stabilité et de constance dans nos évaluations. On a tous accès à des règles, des rubans à mesurer, des théodolites et autres appareils de mesure. Mais bon, pas les colporteurs de nouvelles.

Alors, pour ceux et celles qui ne sauraient pas ce que représente en surface un terrain de football, je vous le donne en mille : c’est l’équivalent de 13 autobus AEC Routemaster, l’iconique autobus londonien.

Et je conclurai avec ces bons mots de M. Boris Vian : Dans ces pays où le pied règne en maître, il serait bon que le mètre prît pied.

Allez (de quilles).

Autorisation Facebook: relation palimpcestueuse

Chères amantes des mots et amis du verbe,

Je vous écris pour vous mettre au parfum d’une odeur de scandale qui embaume la facebooksphère. On lit un peu partout qu’à la suite de l’entrée en bourse de Fb (Facebook), le site et tout visiteur pourront manipuler éhontément ce que nous y affichons, notre contenu. On suggère même aux utilisateurs d’afficher une seule fois (ou plus) un avis qui met en garde quiconque voudrait agit ainsi. L’avertissement proposé est en quelque sorte   talisman juridique, un gri-gri qui viendrait rendre caduques les conditions générales d’utilisation de Fb.

J’ai bien lu Snopes et hoaxbusters qui « affirment » en long et en large que c’est inutile, et l’avis de juristes experts en la matière, mais je reste dubitatif. Et comme l’avertissement que maints de mes amis ont affiché me semble encore vague ou comment dirait-on, hum… flou, j’en propose un autre qui mettra enfin les trémas sur les i et les tilde sur les “n”.
Sentez-vous libre de le copier sur votre mur, et pensez à ne pas ôter mon nom. C’est ma propriété intellectuelle qui est en jeu ici.
Merci:

AVERTISSEMENT, VOUS LÀ, ET VOUS AUSSI (par André Farhat, droits d’auteur power)

Toute personne ou institution ou l’agent de toute structure gouvernementale genre à la Big Brother, ou employé à temps plein ou partiel, qui relève directement ou par la bande de l’administration fédérale des Etats-Unis et de Puerto Rico, royaume de la salsa, ainsi que le Canada, les Europes et la Chine, et aussi, mais sans exclure, les entreprises, sociétés, compagnies, coopératives, boutiques, magasins généraux, osbl, asbl, ateliers d’artistes, marchés publics, restaurateurs itinérants, institutions financières, marchands du temple, joueurs de cuillère devant chez Ogilvy surtout pendant le temps des Fêtes (la vitrine est super belle), revendeurs de narcotiques, et j’en passe et des moins mûres, vous n’avez PAS mon autorisation à rire de mes mises à jour photos ineptes prises avec et/ou Instagram qui n’intéressent que moi et deux-trois personnes à qui j’aurais mieux fait de les envoyer en message privé, mais noooon, il fallait que tout le monde le voit – oooh!; vous n’avez PAS non plus mon autorisation à vous servir des photos de profil ou de couverture que je change chaque semaine, même celles qui sont de moi ou que j’ai prises (c’est vrai que « de moi » ça peut aussi vouloir dire ça, hum!); vous n’avez PAS mon autorisation à m’envoyer non plus des demandes d’acheter l’entraînement super spécial de Georges St-Pierre ou de m’inviter à joindre la page de Palmolive parce que j’ai fait une recherche UNE FOIS sur l’huile de palme pour des raisons que je n’ai pas à expliquer ici – non, mais c’est quoi ça, un procès, quand même!

(Pause : ce texte est une œuvre originale de Monsieur André Farhat, donc, hein, soyez cools)

Je reconnais toutefois que vous n’avez PAS à me le demander, parce que si je suis sur Facebook, c’est que j’accepte les conditions d’utilisation qui contiennent toutes les dispositions relatives à la confidentialité et que selon mes réglages, vous pouvez ou PAS faire ce que vous voulez. Je reconnais aussi que si je ne veux PAS que les gens sachent que je mange en ce moment un ciabatta au thon rouge et son chutney de poires du Japon ou que j’étais saoul raide l’autre soir quand la photo de moi en train de necker avec mon meilleur ami a été prise par le iPhone de quelqu’un, je n’avais qu’à pas l’afficher, à me choisir des meilleurs amis et à me tenir en société. Bienvenue dans l’ère numérique, Biatch. (copyright André Farhat, best guy yes!)

Je reconnais enfin que l’utilisation du syntagme « et/ou » n’est pas nécessaire, car la conjonction « ou » porte intrinsèquement la valeur combinatoire et peut donc désigner la totalité et/ou l’alternative. SANS PRÉJUDICES À TOUS AUTRES DROITS (aurait dû être la phrase écrite à la fin, mais qui dans les faits, n’a aucun poids ici, étant donné que l’acceptation des modalités de Facebook est supérieure en droit, on ne va pas quand même pas écraser un contrat unilatéralement sur l’autre). André Farhat, auteur.

L’art de l’à-propos et autres plaisirs citadins (Bruxelles edition)

Parce que le sort m’a lancé des perles en pleine moule (argot bruxellois pour désigner la figure que j’invente ad hoc, sans vergogne ni culot), je me dois d’honorer le pacte tacite que j’ai signé d’un sang d’encre avec mes fidèles lectrices et lecteurs, et afficher ici les noms de commerces, rues et autres points d’intérêt belges qui, pour diverses raisons, goûtent drôle sur ma langue de Québécois.

1. Appeler sa clientèle par son nom

Griffé Gurda

2. Visiblement, son travail est bien connu, il n’a besoin d’afficher que le numéro de téléphone sur le camion.

Who de Man?

3. De quoi se rincer l’oeil

For Your Eyes Only

4. Fresh cock with nuts

I will have a little bit, please.

5. Ne passez pas par quatre chemins

Où la circulation coule de source.

D’autres suivront.

Bruxelles se livre

Bruxelles se livre

Depuis mon arrivée dans la Ville au petit pot (le surnom que j’ai trouvé pour la capitale européenne dont l’icône la plus notoire est un garçon à la graine au vent qui urine, souriant, devant des touristes du monde entier, bouches ouvertes et zoom sortis), cette magnifique et mystérieuse métropole éclectique m’offre chaque jour des bijoux d’architecture et des trésors d’enseignes calembourratives (voyez, je n’y échappe pas moi-même).

Après le Chat-pitre, voilà que me sont apparues deux enseignes sises à St-Gilles, elles aussi tirant profit du riche volume sémantique que pourvoit la littérature. Je m’abstiendrai de porter de jugement sur les intentions des entrepreneurs qui ont osé se commettre à une telle démarche sémiotique (c’est à Dieu de le faire). Je me contente de partager mes trouvailles comme tant de billets de banque utilisés comme signets et découverts entre les pages d’un livre oublié. Je vais me coucher pour réviser mes textes, car comme on le dit (attention…), l’alité rature. Ouf.
Donc, en rafale:

Bar alternatif
C’est gonflé comme nom
Bouquinerie
D’accord, mais le book, hein?

De Bruxelles à lui (pfft!)

Je suis arrivé à Bxl il y a exactement une semaine ouvrable. J’y resterai jusqu’en avril 2013. Évidemment, mes déambulations, pérégrinations et méandrements m’ont déjà amené à découvrir des trésors, ou du moins des délices d’originalité. Dont celui-ci d’où je rédige ce présent atout, qui se trouve dans le quartier d’Ixelles, à lui (re-pfft!), tout près du Rond Ronne (de re-pfft!).

Bar-concert à Ixelles, jazz les mercredis et dimanches
C’est une question de féline.

Pour voir d’autres exemples d’enseignes au nom, hum… douteux, allez à la succulente section À l’Enseigne.

Ce sera tout pour l’instant.

Merci de votre temps.

André.

L’art de l’à-propos

La vigilanse est un combat de tous les instants. Que ce soit en traversant la rue, en commandant en ligne ou en choisissant le nom ou le slogan de son entreprise.

Or, il arrive souvent,  par un manque de connaissances de la langue utilisée ou par une vision trop étroite qui aurait profité d’un deuxième avis ou d’un peu de recul, qu’on commette des erreurs de commercialisation. Les anecdotes sont légion. On n’a qu’à penser à Air Iberia, dont le slogan en France fut “Avec Air Iberia, vous y seriez déjà”. Or, la pub avait été affichée sur un panneau publicitaire en bordure du périphérique… et juste au-dessus d’un cimetière.

Il y a aussi l’histoire des insuccès de la Chevrolet Nova en Amérique Latine, en raison de son nom qui signifie “Ne va pas” en latino.

Heureusement, pas besoin de fouiller dans les annales de la publicité ou dans des contrées lointaines et inatteignables pour se régaler de telles maladresses. Il y a “Extrême déménagement” de Longueuil, qui jumèle une épithète qu’on souhaite à tout prix ne pas accoler à notre déménagement. Mais, mais, mais, il y a pire. À preuve, une garderie à Montréal, située directement en face d’un club échangiste, et qui porte un nom très, mais alors, très inopportun. Je vous laisse en juger par vous-même.

Image
Remarquez la plante estivale en pleine forme et le bonhomme de neige en plastique.

Ma visite au musée

Aujourd’hui, je vais au musée. Mais comme je ne sais pas il est où, je vais probablement me perdre dans la foule. Je sais que les villes en débordent en général (de foules et de musées).

C’est pourquoi j’ai préparé ce petit carton pour aider les gens comme moi à ne pas être pris dans de fâcheux imbroglios.

Pratique et de bon ton

Si vous voulez faire comme moi, téléchargez-le, en format groupe (comme ci-haut) ou individuel (Je suis ici par pure coïncidence…).

visite au musée

visite au musée-pour 1

Après ma visite au musée…

Eh bien. Je suis revenu. Le musée, je ne l’ai pas trouvé, car j’ai rencontré un vieil ami et nous avons décidé de discuter comme ça, de choses et d’autres, tout en marchant.

Et comme vous le constaterez, en prenant certaines précautions bien simples, je n’ai pas été harcelé, poivré, battu, harcelé, touché – non, j’ai été touché.

Mon ami et moi, au fil d’une conversation bon enfant.